LES MACHINES DES CALENDRIERS TRIUMPH ADLER

 

Les reproductions de ces machines, et les textes proviennent de deux magnifiques calendriers TRIUMPH ADLER achetés dans une "foire à tout" à Rouen. Photos et textes sont les copies rigoureusement conformes des originaux.

Mon seul mérite, si mérite il y a, est d’avoir pris mon courage à deux mains pour retaper tous les textes accompagnant les photos de ces superbes machines, de les avoir photographiées, recadrées, pour en faire profiter un maximum de personnes.

© - Copyright by Uwe H. Breker, Cologne, Germany, http://www.Breker.com

 

MALLING_HANSEN, 1867

En sa qualité de directeur de l’institution de sourds-muets de Copenhague au Danemark, le pasteur Rasmus Hans Malling Johan Hansen cherchait de nouvelles méthodes de communication pour sourds-muets.

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Ayant trouvé qu’à l’aide de la dactylographie, on pouvait dans un même laps de temps transmettre trois fois autant de mots que par écrit, il commença des études pour construire une machine, qui écrirait et supprimerait en même temps les inconvénients d’une écriture faite à la main, trop lente. Fin 1867, M. Hansen avait terminé sa première machine, qui devait devenir la première machine à écrire du monde qui fût fabriquée en série.

Le modèle Hansen présenta déjà toutes les qualités nécessaires à une machine à écrire praticable, et qu’on ne réalisa qu’une vingtaine d’années plus tard. Sa machine avait par exemple déjà un presse-papier pour feuilles in-octavo qui assumait correctement la fonction d’un chariot; elle était équipée d’une échelle de lignes, d’un interlignage, d’une barre d’espacement, de 52, et plus tard de 54 touches pour majuscules, chiffres et symboles et d’une sonnerie; même le transport du chariot se faisait déjà électriquement. Ce transport, à vrai dire, ne fonctionnait pas trop bien et fut bientôt remplacé par un système automatique à leviers. Pour faire revenir le chariot vers le début de la ligne, il suffisait d’appuyer fortement sur la barre d’espacement.

Si l’on voulait lire ce que l’on avait écrit, on pouvait relever l’ensemble du mécanisme des leviers, appelé aussi "globe d’écriture".

A l’origine, l’encrage se faisait par un papier carbone, posé sur la feuille à écrire. Après, lorsqu’on connaissait les premiers modèles concurrents de C. L. Sholes et d’autres qui avaient introduit le ruban de couleur, on fixait au dessous du globe d’écriture un ruban encreur, transporté par des crochets d’arrêt et, au besoin, par le serrage de la vis sur l’axe récepteur de la bobine du ruban. Des modèles plus anciens ont été plus tard complétés de ce mécanisme. Ce qui fascine le plus dans la machine de Malling Hansen c’est la précision du travail artisanal; ainsi, pour tous les leviers des touches ont été forés des pas individuels dans le globe d’écriture qui se terminaient en cône; en effet, pour garantir une rectitude impeccable des lignes, il fallait que tous les caractères aboutissent sur un petit poinçon de contre-pression de 5X5mm. Pour que l’impression soit vraiment nette, le caractère sur l’extrémité du levier devait être incliné en fonction du degré d’inclinaison du levier de la touche. Chaque levier de touche était dirigé par un ressort qui, après l’actionnement, le ramenait à sa position de départ.

 

A l’aide d’une vis sur la partie avant du globe d’écriture, on pouvait régler la hauteur de la tête du levier de touche, et donc la force d’impression. Grâce à ses marques précises, l’échelle de lignes courbe permettait de faire des lignes rentrées, des alinéas ou une composition en forme de carré. L’interligne se faisait à la main par un déplacement en transversal du chariot/presse-papier; en arrière celui-ci était conduit par une glissière à crémaillère dans une languette de métal constante.

La Malling Hansen était offerte à 400 couronnes danoises. Ni les machines fabriquées au Danemark, ni celles réalisées par le 1ère Österreichische Schnellschreibmaschinen-Fabrik Albert v. Szabel n’ont suscité un vif intérêt, car elles étaient beaucoup trop chères. En Autriche, la version électrique valait 600 Fl., la version à fonctionnement manuel 300Fl. On n’en a donc vendu qu’une quantité relativement faible, ce qui fait qu’actuellement elles comptent parmi les objets de collection les plus recherchés.

(1) La photo de cette superbe machine est restée longtemps absente de cette page, ayant malheureusement disparu des calendriers achetés sur une foire à tout de Rouen. Jusqu’à la réception d’un courriel venant du Danemark! C’était le président de la «Rasmus Malling-Hansen Society», Christian Barnholdt, qui m’informait de l’existence de son association, et m’autorisait à utiliser les textes et photos de son site Internet. Je le remercie ici chaleureusement. Si vous voulez tout savoir sur la Rasmus Malling-Hansen Society, et sur les machines Malling-Hansen, je vous invite à vous rendre sur le site:

www.malling-hansen.org

Même si on ne maîtrise pas la langue anglaise, on peut y admirer de très belles photos, voir par exemple un texte écrit par Nietsche avec une Malling-Hansen. Je ne résiste pas au plaisir d’adjoindre ci-dessous deux autres machines qui montrent le formidable esprit d’innovation de Rasmus Malling Hansen.

 

The takygraph

Sauf erreur de ma part, cet appareil est l’ancêtre du sténotype Grandjean, adapté ici au principe de la boule d’écriture du pasteur Malling-Hansen.

 

La machine à écrire pour aveugles

Il est frappant de constater que l’adaptation à l’usage des aveugles ait suivi de peu l’apparition de la machine à écrire. Je vois personnellement dans cette innovation le côté altruiste du pasteur Malling-Hansen.

Il faut noter que toutes les lettres sont présentes, en caractère Braille. Les machines actuelles ne comportent que six touches permettant, par codage, de reconstituer l’intégralité de l’alphabet.

SHOLES & GLIDDEN, 1876

Après la "boule d’écriture" du Pasteur Malling Hansen de Copenhague, la machine à écrire inventée par Christopher Latham Sholes, Carlos Glidden et Samuel Soulé fut la seconde machine fabriquée en série à faire son entrée dans l’histoire.

 

Compte tenu de son énorme succès commercial, on la baptisa bientôt la "première machine à écrire vraiment performante du monde". Au total, 25 prototypes fort coûteux ont été construits depuis 1867. En 1873, les inventeurs, désormais pratiquement sans ressources, signent un contrat avec la fabricant d’armes "Ilion Arms Factory" de Philo Remington pour la production des mille premières machines. Soulé, accablé de problèmes financiers, s’était rapidement retiré de l’affaire; quant à Sholes et Glidden, ils étaient financièrement parlant, "au bout du rouleau", si bien que le financement des mises au point ultérieures et des frais de brevet fut pris en charge par un certain James Densmore, agent de brevets. Celui-ci racheta peu à peu les parts de Sholes et Glidden, tant et si bien qu’à échéance du contrat avec Remington, il était le seul bénéficiaire en lice de cette affaire.

Les premières machines font leur apparition sur le marché en 1874. Au départ, la machine était montée sur une table de machine à coudre: la mise en action de la pédale entraînait le retour du chariot en même temps que l’interligne.

Cette table fut bientôt remplacée par un levier de transport placé sur le côté de la machine à écrire. "The Type Writer", ainsi l’avait-on baptisée, avait un clavier de 44 caractères répartis sur quatre rangées. Elle ne comportait que des majuscules, des chiffres et des signes. Le passage en minuscules n’existait pas. Les tiges porte-caractères disposées en cercle venaient frapper du bas contre le ruban encreur et le rouleau, de sorte que pour lire le texte, il fallait relever le chariot.

 

A la demande du client et moyennant une surtaxe, les machines étaient livrées avec des décorations très riches (décalcomanies, ornements et incrustations de nacre). Il n’existe pratiquement pas deux machines décorées de la même façon. Le modèle du "Technisches Museum" de Vienne ici présenté (n° de série 2.102) est considéré comme le plus beau de tous les exemplaires actuellement connus de cette machine à écrire d’une importance capitale sur le plan historique.

EDELMANN, 1897

C’est en 1897, que cette machine allemande à roue porte-caractères a été lancée sur le marché par Wernicke, Edelmann & Co, Berlin. Plus tard quelques autres firmes se sont également chargées de la fabrication et distribution de cette machine. La Edelmann avait une roue porte-caractères à trois rangs de caractères, qui à l’aide d’un indicateur sélecteur était tournée selon les symboles voulus.

 

L’encrage se faisait par petits rouleaux encreurs. Pour faire l’impression, on poussait l’indicateur dans le guidage à rainure prévu; la roue porte-caractères frappait alors vers le bas sur le cylindre. Avec une commutation double, l’échelle de caractères émaillée courbe permettait d’écrire 84 symboles. Sur le côté droit du chariot il y avait le levier d’interligne.

La Edelmann, construction extra-robuste fournissait une écriture irréprochable, elle a été fabriquée jusqu’au début de la Seconde Guerre mondiale.

A l’heure actuelle, elle est une pièce de collection rare et recherchée. Sous le nom de Gladstone, elle a été vendue aussi en Angleterre et en Amérique.

HAMMOND, 1881

James Barlett Hammond de Boston/Mass., USA, d’abord théologien, puis en Allemagne étudiant en philosophie, et plus tard correspondant aux armées du New York Tribune, était mécontent de l’écriture de la première Remington. En 1875, il commença la nouvelle construction d’une machine à écrire dont "l’écriture serait absolument impeccable".

 

Après de nombreux essais il ne réussit pourtant qu’en 1880 à mettre au point un modèle utilisable, qu’il fit, en 1881, distribuer par la Hammond Typewriter Co., N. Y. USA.

Les éléments essentiels de sa nouvelle construction étaient des navettes à caractères en deux parties qu’on pouvait tourner jusqu’à 90 degrés. Chacune des navettes était munie de trois rangs de caractères. Pour des raisons de qualité, Hammond désirait -au contraire de la Remington- rendre l’impression "automatique"; par conséquent il se servait de l’idée de John Pratt, Alabama, USA qui en 1863 déjà avait construit une machine où sur le devant un petit marteau frappait le papier contre la plaque porte-caractères. Mais comme il s’agissait d’une solution brevetée et parce qu’il voulait une écriture "visible", la machine de Hammond fit frapper le marteau de derrière contre le papier et la navette à caractères.

La machine avait déjà une commutation double avec fixe-majuscules, les navettes à caractères se levant en deux étapes.

Le clavier était conçu de forme demi-ronde et comportait deux rangs de touches; en tout il y avait 30 touches de bois rectangulaires épaisses permettant de faire 90 symboles. Une bande de caoutchouc entre les navettes à caractères et le ruban de couleur servait de coussin pour amortir la frappe du marteau, car il n’y avait pas de cylindre qui aurait pu retenir le choc.

 

La premier manuel de dactylographie en langue allemande rédigé par le Dr. O. Henke de Bremen parut en 1888 sous le titre: "Cours pour s’exercer à écrire sur la machine Hammond".

Le succès de la Hammond était extraordinaire, elle fêtait de véritables triomphes, grâce à son segment à caractères original, et jusque dans les années 40 on la vendait encore avec succès sous forme de Varytyper électrique.

HAMMONIA, 1882

Dix ans après l’apparition de la première machine à écrire fabriquée aux USA (Sholes & Glidden), cette machine, la première jamais conçue et fabriquée en Allemagne, a été crée par Andr. Hansen de Hambourg.

 

Brevetée dès 1882 en Angleterre, elle ne devait l’être qu’un an plus tard en Allemagne grâce à H. A. H. Guhl, Hambourg. Celui-ci entreprit de produire cette machine dans sa fabrique de machines à coudre Guhl & Harbeck à Hambourg. Son prix de vente, de 50 Marks au départ, est ensuite passé à 60.

L’aspect original de cette construction a donné lieu dès le début à toutes sortes de commentaires: ainsi la comparait-on par exemple à une trancheuse de pain, ou encore à cette machine qui servait à l’époque à débiter les pains de sucre.

Les caractères étaient disposés sur une rangée unique à la partie inférieure d’une sorte de "lame" de laiton qui allait et venait dans un guidage à rainure selon les caractères que l’on désirait obtenir sur le papier.

Le choix des caractères, qui étaient disposés par ordre alphabétiques, se faisait à l’aide d’une cheville fixée sur la lame porte-caractères. L’impression sur le papier s’effectuait en baissant la poignée, et par conséquent la tige porte-caractères. L’Hammonia était munie à sa partie inférieure d’un petit ruban encreur logé dans une boite. La frappe s’effectuait sur une mince barre de contre-pression placée sur le devant de la machine. Le transport était assuré par un engrenage à crémaillère. Pour l’introduction du papier, la machine était équipée d’un dispositif presse-papier fixé sur la plaque de fond.

 

Elle possédait également un levier d’interligne placé à côté du cylindre. L’ensemble du mécanisme était fixé sur une plaque de fond de machine à coudre. Sous cette plaque se trouvait un support escamotable qui permettait de travailler plus commodément à une table. La machine désignée en Allemagne par "Hammonia" a été commercialisée en France sous l’appellation de "machine à écrire". Bien que la Sté Guhl & Harbeck ait attendu 1888 pour sortir un second modèle, la "Cosmopolite", il ne reste plus aujourd’hui que quelques rares exemplaires de cette très belle machine.

DAW & TAITE, 1884

Après avoir reçu un brevet provisoire en 1869, T. G. Daw obtient en 1884, en même temps que H. Daw, un brevet pour une machine à frappe descendante que l’on pouvait utiliser aussi bien pour l’empreinte des flans en stéréotypie (imprimerie) que comme machine à écrire normale.

 

Cette machine en aluminium à clavier circulaire est dotée de deux rangées de caractères sur tiges venant frapper à la partie supérieure d’un cylindre en laiton. Les 40 touches comportent uniquement des majuscules, chiffres et signes. Un changement de motion haute en motion basse n’existe pas. Compte tenu de la disposition circulaire des tiges, les divers caractères sont placés dans des angles différents pour assurer une écriture rectiligne. Le rouleau tourne de la droite vers la gauche sur un axe fusiforme, le tracé des lignes suivant le sens de rotation du rouleau. Le transport s’effectue manuellement en tournant l’axe; l’espacement est variable à volonté et peut être réglé avec précision grâce aux repères se trouvant sur le plateau de gauche. La came à l’extrémité droite de l’axe permet de passer automatiquement à la ligne suivante après chaque rotation du cylindre. Les caractères apparaissent à l’endroit: en effet, les tiges viennent frapper du haut sur le papier après passage dans un trou de guidage.

Sous la feuille de papier se trouve un carbone tourné vers le haut, de sorte que l’écriture vient s’imprimer à l’endroit sur la partie inférieure de la feuille de papier. Le texte n’est donc visible qu’après avoir retiré la feuille du rouleau. La longueur maximale des lignes est de 17 cm, et la hauteur du texte de 7,7 cm.

 

Cette machine a été fabriquée par Daw & Taite Patent Typewriting Manufactures, 63, Regents Place, Pall Mall. London SW. En dehors de l’exemplaire ici représenté (n° de série 77), seul un autre exemplaire (n° de série 88) est connu (Science Museum de Londres).

COLUMBIA, 1886

Le modèle reproduit ici a toujours été fabriqué comme le N°2, quoique, à l’origine, il y ait eu un premier modèle qui n’avait que des majuscules, et que le N°2 continuait cette production par une construction avec deux roues porte-caractères contiguës.

 

Ces deux roues permettaient d’écrire pour la première fois sur la Columbia des majuscules et des minuscules. Probablement, on n’avait considéré le modèle original que comme solution provisoire et donc fabriqué que quelques specimens. A présent, en n’en connaît que trois. La Columbia, construite en 1885 par Charles Spiro, horloger de New York, a été lancée sur le marché par la Columbia Type Writer Mfg. Co., New York.

Le modèle 2 qu’on peut voir ici, avait une roue porte-caractères verticale avec une poignée sélecteur latérale qu’on abaissait pour exécuter l’impression; en même temps le petit disque encreur pivotait vers l’arrière et dégageait le caractère respectif pour l’impression sur le cylindre. Par élasticité, la roue porte-caractères remontait, le petit disque encreur glissait de nouveau sous la roue pour colorer les caractères, pendant qu’on choisissait un nouveau caractère; en plus, le chariot avançait d’un pas.

L’indicateur-sélecteur sur l’échelle de caractères, synchrone à la roue porte-caractères, avait deux extrémités inégales, la plus pointue servait aux minuscules, la plus large aux majuscules. Au dessous de la tête de l’échelle se trouvait la barre d’espacement.

Grâce à son système étudié d’entredent, la Columbia était la première machine à écrire du monde qui ait permis un pas proportionnel vraiment automatique.

 

A cet effet, il y avait, à côté de la roue porte-caractères, un troisième disque muni, comme un disque à cames, d’élévations et de creux, disposés en fonction des largeurs respectives des caractères, de sorte que le levier de touches prolongé intervient, selon le cas, brièvement ou plus profondément, pour faire avancer le chariot selon la largeur proportionnelle de la lettre choisie.

En Amérique, la Columbia a été vendue pour 25 dollars, actuellement elle vaut bien plus, et pour le collectionneur elle est un modèle rare et très recherché.

VELOGRAPH, 1887

Il s’agit là de la première machine à écrire inventée et fabriquée en Suisse. Elle fut mise au point par Adolphe Prosper Eggis à Fribourg et produite en série par Rymtowt-Prince & Cie à Genève.

 

Les caractères étaient disposés en une seule rangée sur une plaque circulaire en dessous de la sonnerie visible de l’extérieur. Le choix des caractères s’effectuait en tournant le bouton fixé sur l’axe central. Une sélection précise était assurée grâce à deux leviers de repère qui indiquaient sur la plaque circulaire le signe désiré. Ces leviers étaient désignés sur la sonnerie par le mot SMALL pour les minuscules et CAPS pour les majuscules. La frappe se faisait par pression sur la touche de l’axe central. Le Velograph était équipé de 80 caractères et signes. Il fallait soulever la sonnerie pour introduire le papier et lire le texte dactylographié. Au dessous de la sonnerie se trouvait un ruban encreur dont l’entraînement se faisait à la main. Pour faciliter le transport du chariot, on pouvait sortir une coulisse de guidage de la plaque de fond. Deux supports escamotables fixés sur la partie arrière de la machine permettaient de travailler plus commodément à une table.

Cette machine pouvait être transportée sans danger dans un coffre en bois spécial, grâce à un dispositif de blocage du chariot.

 

Le Velograph n’a été fabriqué qu’en très petit nombre, ce qui en fait aujourd’hui une pièce de collection particulièrement recherchée. Seuls cinq exemplaires sont actuellement connus dans le monde entier.

MERRITT, 1888

Mortimer G. Merritt de Springfield/Mass. S’est vu délivrer un brevet le 28/12/1888 sous le n°294.860. Sa machine à écrire, la première dont le prix ne soit pas exorbitant, fait à partir de 1890 une entrée triomphale sur le marché naissant des machines de bureau.

 

En effet, son fonctionnement et son maniement, aisés et satisfaisants au possible, n’avaient rien à envier à ceux des modèles plus coûteux. Avant 1890, Merritt avait déjà fait breveter sa machine à frappe montante aux USA, en Angleterre, en France, en Espagne et au Canada, et il en assurait la fabrication dans sa propre firme "Merritt Manufacturing&Co." à Springfield. Lorsque vient la fabrication en grande série, il en confie le soin à Lyon Manufacturing&Co. à New York. Merrit utilisait pour sa machine des caractères en plomb comme on en utilise dans l’imprimerie. Ils sont placés en hauteur dans une longue coulisse en dessous du chariot. L’ensemble de la coulisse est mis en mouvement par une aiguille. Après positionnement de l’aiguille sur le caractère désiré, une goupille de guidage s’engage dans une crémaillère.

Dans le même temps, le levier se trouvant à la partie inférieure de l’aiguille fait sortir le caractère de la coulisse, le fait passer par un trou de guidage et le presse contre la partie inférieure du rouleau. Deux petits rouleaux amovibles encrent en permanence tous les caractères de la frappe.

 

La double commutation pour majuscules et chiffres/signes est extrêmement aisée. Après avoir appuyé sur les touches de commutation, l’échelle se déplace simplement légèrement vers la gauche ou vers la droite. Comme il est d’usage pour les machines à frappe remontante, le chariot est relevable. La Merritt a 78 caractères et coûtait 15 dollars.

VICTOR, 1889

Depuis 1980, les industries des machines de bureau du monde entier célèbrent comme une nouveauté révolutionnaire la découverte et le lancement de la roue imprimante pour les ordinateurs et machines à écrire électroniques.

 

Si l’on en croit les grands titres de la publicité, "la roue du siècle" et "plusieurs décennies d’avance sur son temps" pour citer quelques exemples, la roue imprimante est un progrès fantastique qui a permis d’introduire l’électronique dans la construction des ordinateurs et machines à écrire.

Et pourtant, la roue imprimante est loin d’être une nouveauté! elle fut brevetée pour la première fois il y a plus de 90ans (!). Dès le 13/08/1889, les Américains F. D. Taylor et F. A. White, originaires de Hartford dans le Cnnecticut, se voient attribuer un brevet américain. Dans la même année, un brevet leur est également délivré en Angleterre. La « Victor-Typewriter» est alors fabriquée par The Tilton Manufacturing Co. À Boston/ Mass., puis toujours la même année, lancée sur le marché au prix de 15 dollars.

Une roue imprimante supplémentaire coûtait 1 dollar porto compris. Ah! le bon vieux temps! Le fabricant recommandait tout particulièrement cette machine pour le travail de bureau et pour les voyages d’affaires. De par sa qualité et la diversité des travaux qu’elle permettait d’effectuer, elle était considérée comme la seule alternative avantageuse aux coûteuses machines traditionnelles. Le positionnement des caractères est assuré par l’aiguille sur le cadran en demi-cercle. Les caractères en caoutchouc sont fixés sur de longues languettes métalliques à ressort, et viennent constamment au passage frôler deux coussins encreurs. Lorsqu’on appuie sur le levier latéral, le petit marteau vient projeter la languette positionnée sur le papier, rebondit aussitôt en arrière et, en même temps que s’effectue le transport du chariot, libère la roue imprimante pour le positionnement du caractère suivant. Le levier de gauche sert de barre d’espacement . La Victor , qui pèse 2,5 kg , ne mesure que 30 cm de long sur 20cm de large.

 

Dans une lettre de référence adressée au fabricant , Miss Laura Flatau de Philadelphie écrit le 20 novembre 1889: "La Victor achetée auprès de votre maison me donne entièrement satisfaction. Je suis enthousiasmée par sa simplicité de maniement et la qualité sans pareille de son fonctionnement . Au bout de cinq moi d’exercice, j’ai réussi à taper 108 mots/minute à partir d’une phrase apprise par cœur et 40 mots/minute sur dictée. Ceci correspond au résultat que j’ai pu obtenir avec une machine de 100 dollars au bout de trois mois d’exercice".

Comment se fait-il que cette roue imprimante, déjà révolutionnaire à l’époque, soit tombée dans les oubliettes pendant 90 ans pour ensuite faire sa réapparition à l’ère de l’électronique? Ceci nous permet de penser en tout cas qu’une exploration de l’histoire de la machine à écrire peut nous révéler des possibilités de mise au point encore insoupçonnées.

WORLD MOD 2, 1890

En 1886, John Becker, Boston/Mass., USA, obtint un brevet pour sa machine à indicateur, qui devait frayer le chemin à la construction de machines à écrire peu compliquées et vendues bon marché.

 

Le fabricant affirma avoir vendu, rien que pendant la première année, plus de 17000 machines. La fabrication et la distribution étaient assurées par la World Type Writer Co. in Maine, USA.

Le modèle était conçu pour majuscules, chiffres et symboles. Le modèle 2 (1890) qu’on peut voir ici, comportait également des minuscules. Les caractères étaient placés sur une bande de caoutchouc relativement molle, qui se trouvait au dessous du disque de réglage demi-rond, les trous servaient à guider une cheville qui pressait le caractère de caoutchouc contre le papier. A l’aide d’un indicateur on choisissait les symboles voulus, par l’enfoncement de la touche sur le châssis en haut à gauche se faisait l’impression et en même temps le transport de l’ensemble du devant du mécanisme à caractères; la machine n’avait donc pas de chariot proprement dit. Un rail de métal servait de contre-pression. Pour l’encrage il y avait deux coussins encreurs. Lorsqu’on arrivait à la baguette fixée sur le côté droit arrière du châssis, une sonnerie annonçait la fin de la ligne. Elle se trouvait au milieu du système de réglage.

La barre d’espacement était tout à gauche au dessus du bouton du cylindre. Comme le caoutchouc dont on se servait était assez mou, les bandes à caractères de presque toutes les machines se sont émiettées et perdues. Plus tard, la machine a été fabriquée par la Pope Manufacturing Co., Boston, New York, Chicago, respectivement par la The Typewriter Improvement Co., Boston/Mass., USA.

 

Pour poser le papier, on peut replier l’ensemble du mécanisme de réglage. En Allemagne, le modèle 1 valait 35 marks, le modèle 2 75. On dit que la machine a été vendue aussi sous les noms de Boston et d’America. Un slogan publicitaire particulier dit: "Indispensable aux personnes qui souffrent de la crampe des écrivains". De nos jours la World est devenue rare et recherchée par les collectionneurs.

NORTH'S, 1892

Lord North a financé la fabrication de cette nouvelle machine à écrire visible en fondant sa propre société en Angleterre. Tant l’entreprise que la machine devait porter son nom, bien que cette machine à écrire ait été inventée et mises au point par George Beverley Cooper et Morgan Donne.

 

Les leviers porte-caractères étaient disposés derrière le chariot en deux demi-cercles et venaient buter vers l’avant sur le cylindre,de sorte que le texte aurait été directement visible si le ruban encreur ne s’était trouvé placé devant. Aussi fut mis au point un levier permettant de rabattre le ruban encreur vers le haut. La North’s possédait un clavier à trois rangées, elle avait 39 touches, une commutation simple et deux bacs à papier: un bac supérieur dans lequel le papier vierge était introduit en rouleau dans l’ouverture latérale et un bac inférieur dans lequel le papier s’enroulait de nouveau après la frappe. Cette machine était très solide et massive, elle pesait 11 kg et était vendue en Angleterre au prix de 21 livres.

Le riche Lord North devait mourir peu de temps après le début de la fabrication. A la suite d’une querelle entre ses héritiers, sa fortune fut retirée de la société et la production stoppée. Sans cela, la Nort’s aurait certainement connu une bien meilleure diffusion.

AMERICA TYPEWRITER N°5, 1893

Cette version de l’Odell jusqu’ici ignorée par la littérature, répond en ce qui concerne ses détails techniques, aux autres modèles Odell.

 

C’est une machine à indicateur développée en 1887 par Levi Judson Odell, Chicago/Ill., USA, qui la fit breveter en 1889. jusqu’à cette époque, on n’en connaissait que quatre modèles qui se distinguaient par de légers perfectionnements techniques. Le modèle 1 n’avait au début que des majuscules, chiffres et symboles; en 1891 parut le modèle 2 muni en plus de minuscules et distribué par la Odell Type Writer CO., Chicago/Ill., USA.

L’indicateur sélecteur qui se trouvait au dessus du cylindre était fixé à un chariot, sur la face inférieure duquel il y avait une barre à deux rangs de caractères. Un commutateur, à droite à côté de l’indicateur, permettait de replier la barre à caractères pour écrire au choix des majuscules ou des minuscules. Sur la barre se trouvaient en tout 84 symboles. L’impression se faisait par l’enfoncement de l’indicateur, l’encrage par un petit rouleau encreur se trouvant au-dessous de la barre à caractères. La machine disposait d’un levier d’interligne, d’une barre d’espacement, d’un levier de libération du chariot et d’une sonnerie.

Toute la plaque de fond et la partie postérieures du châssis étaient faites en fonte richement décorée.

 

De nos jours, l’Odell est un de ces modèles très demandé qui rendent toute collection décorative. Malheureusement elle est devenue très rare et extrêmement difficile à trouver.

EDISON MIMEOGRAPH N°3, 1894

 

En 1875, Thomas Alva Edison inventa un duplicateur à stencils de cire qu’il fit fabriquer et distribuer sous le nom de "Edison-Mimeograph" par la A.B. Dick Co. de Chicago, USA. Comme, à cette époque, l’écriture sur les stencils de cire devait se faire à la main, les différences de pression des déliés et des pleins occasionnaient dans la copie de fortes inégalités qui nuisaient à la qualité des copies dont la lecture devenait difficile. Afin de remédier à cet inconvénient, Edison développa une machine qui devait se charger de ces inscriptions. Il en résulta une machine à écrire qui, même de notre point de vue, est parfaite pour son design extraordinaire.

La Edison Mimeograph Typewriter était une machine à frappe invisible, les caractères se trouvaient debout dans une couronne reliée par une transmission par roue dentée à un disque de réglage aménagé sur le socle. Ce châssis extérieur tournant portait trois marques, pour majuscules, pour minuscules et pour chiffres/symboles.

Pour chacune de ces trois marques, réglées d’après l’échelle de caractères sur la plaque de fond, il y avait à l’intérieur de la couronne qui n’avait qu’une rangée, le caractère correspondant dans la position convenable pour être par un petit marteau pressé contre le ruban et le cylindre lors de l’actionnement de la touche "for printing". La barre d’espacement se trouvait immédiatement devant la touche d’impression. Comme sur presque toutes les machines à frappe invisible, le chariot était repliable vers le haut pour permettre la lecture de ce qui était écrit.

 

Il existait trois modèles différents, le modèle 1 disposait de 78, le modèle 2 de 86, le modèle 3, que l’on peut voir en haut à gauche de ce texte, de 99 symboles. Comme, vu la forte concurrence, les fabricants exigeaient des commerçants spécialistes de boycotter le duplicateur Edison-Mimeograph, la A. B. Dick Co. a fini par décider d’arrêter la fabrication de machines à écrire, ce qui fait que de nos jours il n’existe que quelques rares exemplaires.

On dit que c’est contre un montant modeste que Thomas A. Edison a vendu ses droits concernant le duplicateur Edison-Mimeograph avec machine à écrire à la A. B. Dick Co. qui plus tard devait devenir le plus grand fabricant de machines de bureau d’Amérique.

DISKRET, 1898

Friedrich Rehmann de Karlsruhe R.F.A. développa d’abord une machine à roue porte-caractères d’une construction plutôt simple, qu’il lança sur le marché en 1898 sous la désignation de Volksschreibmaschine (machine à écrire populaire).

 

Mais, comme ses résultats n’étaient guère satisfaisants, il sortait peu après (1899) un modèle perfectionné, qu’il appela Diskret. En dehors de son design aimable, elle plaisait par son fonctionnement impeccable et son écriture nette. Elle était distribuée par Gienart & Schroeter, Berlin.

La Diskret avait une échelle de réglage ronde, un filet hélicoïdal reliait l’indicateur à la roue porte-caractères qui se trouvait au dessous en position verticale. Les caractères étaient placés à l’extérieur de la roue, l’encrage se faisait par deux petits rouleaux encreurs .L’impression se faisait par l’abaissement du levier gauche, alors l’ensemble du mécanisme se repliait vers le bas et imprimait le symbole respectif sur la ligne de la feuille (absente sur la photo ci-contre); le papier, serré dans le rail latéral, était posé à plat sur la plaque de fond de la machine. Pour l’interligne, on montait la barre de serrage d’un cran.

Si l’on modifiait les espacements entre l’indicateur sélecteur et la roue porte-caractères, on pouvait se servir de la machine pour exécuter des chiffrages; c’est la possibilité de cet emploi qui lui a donné son nom.

 

Comme on n’a fabriqué qu’un nombre restreint de ces machines, elle est actuellement une rareté recherchée.

ADLER MOD 7, 1899

Dès 1892, Wellington Parker Kidder fit breveter sa machine à écrire à tiges de butée et accordait une série de licences à divers pays.

 

Elle a été, sous le nom de Wellington, fabriquée aux Etats-Unis par la Williams Manufacturing Co., Plattsburgh, USA, et au Canada, à Montréal, par la société filiale du même nom.

En Allemagne, les droits ont été acquis par les Adlewerke, anciennement Heinrich Kleyer AG, Francfort/M., qui reconstruirent la machine à fond et lui conférèrent une construction plus robuste qui a finalement conduit à son succès mondial. En 1899, les Adlerwerke qui jusqu’alors n’avaient fabriqué que des bicyclettes, sortirent le premier modèle de l’Adler 7 dont le succès à la vente devait être énorme. Ce modèle se distinguait notamment par la rectitude des lignes, qui à l’époque donnait, quant aux autres machines, lieu à des critiques. La netteté des lignes avait été obtenue par une plaque-guide d’acier trempé sur laquelle les tiges étaient amenées jusqu’à la frappe du cylindre.

La force de frappe exceptionnelle permettait de faire 6 copies et plus. La machine dont le clavier droit comportait 30 touches pouvait, avec une commutation double, écrire 90 symboles, le changement majuscules-minuscules se faisait par l’abaissement en deux étapes du cylindre.

 

Elle était équipée d’un levier de rappel et disposait d’un sélecteur de colonnes, d’un passe-marge, d’un levier de libération du chariot et d’un levier d’interligne.

POLYGRAPH, 1905

Paul Riessner de Leipzig a développé en 1903 cette machine munie d’un clavier rond, analogue à celui de la Hammond. A partir de 1905, elle ne fut plus fabriquée que munie d’un clavier droit universel à trois rangs. La fabrication et la vente étaient faites par la Polyphon-Musikwrrke AG, Wahren sur Leipzig.

 

En 1909 déjà, la production fut arrêtée, quoique, deux ans auparavant, on ait encore sorti un troisième modèle, complété de quelques petits perfectionnements. Après la Première Guerre mondiale, la société, reconstituée à Augsbourg, décida de lancer la machine une nouvelle fois, mais c’était de nouveau un échec. Ainsi, de nos jours, elle est, à cause de son design bizarre, une pièce rare et vivement recherchée par les collectionneurs.

Le premier modèle disposant d’une commutation double, pouvait écrire, avec 34 touches, 102 symboles, ce qui –affirmait la société- suffisait à la correspondance en allemand, français, anglais, hollandais et italien. Dès le début, les tiges porte-caractères en position verticale assuraient une écriture parfaitement lisible. D’autre part, la Polygraph se distinguait par quelques raffinements intéressants.

on pouvait, par exemple, en appuyant sur une touche d’écriture espacée, et sans actionner la barre d’espacement, avoir "automatiquement" une écriture à espacements, l’espace pouvait se régler trois fois; en plus, la machine possédait un pose-colonnes avec touche de tabulateur. A l’époque, son prix était de 300 marks.

 

Le modèle reproduit en photo à clavier droit (1905) présentait les mêmes particularités techniques, mais comportait 32 touches pour 96 symboles. Avant la Première Guerre mondiale, il valait 325 marks.

ADLER MOD 9, 1907

 

L’Adler n°9, apparue en 1907, est l’aboutissement logique de la première machine à écrire Adler n°7 (1899), qui a connu un grand succès, et du modèle n°8 (1903) qui se distinguait uniquement par rapport à la précédente par des tiges porte-caractères interchangeables et un clavier en deux parties permettant, avec la même machine, d’écrire aussi bien en caractères romains ou italiques qu’en écriture normale et cyrillique. Ce modèle à trois rangées de caractères n’est resté que peu de temps sur le marché et constituait en quelque sorte un modèle intermédiaire devant aboutir à l’Adler n° 15, modèle à quatre rangées de caractères qui fit son apparition dès 1909. Le modèle n°9 présenté en illustration possédait toutes les caractéristiques techniques de l’Adler n°7, dont une commutation double, mais l’ensemble du chariot s’abaissait en deux temps et non seulement le cylindre.

Elle avait également 30 touches pour 90 caractères, un clavier droit à trois rangées, deux touches de rappel, un tableur, un passe-marge, un levier de libération du chariot, un levier d’interligne et bien entendu le système éprouvé des tiges de butée, qui assurait une netteté des lignes particulièrement bonne pour l’époque.

 

Par ailleurs, cette machine possédait un triple réglage de l’intensité de frappe: pour la frappe avec plusieurs copies, pour la frappe sur carton et pour stencils. Le chariot basculait alors légèrement vers l’arrière.

N’ayant été fabriquée que pendant deux ans, cette machine est maintenant d’une grande rareté et seuls deux exemplaires sont actuellement connus.

NORICA, 1907

 

C’est Carl Fr. Kührt de Nuremberg RFA qui a construit cette machine à tiges porte-caractères qui, fabriquée par la Kührt Riegelmann GmbH., Nuremberg, a été vendue à partir de 1907. Son nom lui vient de Noris = Nuremberg.

Les tiges porte-caractères de cette machine sont disposées en biais, mais étant donné la construction en position élevée de la machine, elles frappent d’en haut en angle droit sur le cylindre. Ainsi, l’écriture se lit toujours facilement. Le clavier de quatre rangs est équipé de 45 touches et comporte un simple changement majuscules-minuscules permettant d’obtenir 90 symboles. Un deuxième ruban de couleur (rouge) sous forme de bande était aménagé entre deux crochets sur le chariot; on le règle en tournant un bouton sur le côté droit du châssis, simultanément la fonction de la fourchette du ruban-encreur est mise hors service.

En plus, la Norica disposait d’une touche passe-marge qui pouvait en même temps servir à marquer des alinéas.

Dès 1908, il y avait un modèle perfectionné où le cylindre était disposé plus haut afin de permettre une meilleure lecture. Les touches de son clavier étaient éloignées les unes des autres, pour éviter le risque de faire des fautes de frappe. Ce modèle avait aussi une touche de rappel, une touche-alinéa , un traceur de ligne et un ruban ordinaire de deux couleurs.

 

La Norica valait RM 350, elle n’a été fabriquée que peu de temps.

Après que, en 1909, Carl Fr. Kührt avait vendu ses droits à la Deutsche Triumph-Fahrrad-werke AG, de Nuremberg, Paul Grützmann qui avait déjà construit la Stoewer et l’Orga, l’a complètement transformée et améliorée; en 1910, la Norica a paru sur le marché sous le nom de Triumph et a commencé une série de succès qui continuent de nos jours.

VIROTYPP, 1914

On dit que H. Viry de Rambervillers en France a été un haut officier français, dont les notes manuscrites qu’il avait l’habitude de faire sur son cheval sur les champs de bataille déplaisaient à tel point qu’il s’occupa de la construction d’une machine à écrire facile à transporter, qu’on "pourrait commodément mettre dans la poche".

 

La Virotyp parut sur le marché en 1914, à la veille de la Première Guerre mondiale, elle ne pesait qu’une livre et, à l’origine, avait deux courroies de cuir fixées autour du châssis, qui permettaient de l’attacher à l’avant-bras ou à la cuisse. Plus tard, elle reçut un socle qui la transforma en véritable modèle de table. Ses caractères individuels de métal se dirigeaient vers le bas en une couronne circulaire, avec l’écriture; un sélecteur tournant, relié à la couronne de caractères au-dessous de l’échelle de caractères, était muni de deux pointes différentes: la plus large, perforée servait à écrire des majuscules, l’autre était destinée aux minuscules. L’impression se faisait par l’enfoncement du bouton de réglage, un levier pressant alors le caractère choisi vers le bas du cylindre. Il fallait tenir la machine en posant l’index et l’annulaire de la main gauche dans les petits étriers, faire le réglage avec la pouce et l’index pendant que le petit doigt de la main droite maintenait la machine dans le lacet initialement prévu à cet effet.

Pour introduire le papier, on relevait tout le mécanisme (aux machines antérieures qui n’avaient pas de socle il fallait même sortir le chariot de son rail), pour pouvoir atteindre le cylindre. L’encrage se faisait par deux petits rouleaux encreurs.

 

On comprendra qu’on ne pouvait pas vendre beaucoup de machines de ce type. De nos jours elle est une pièce de collection très recherchée.

MES MACHINES

 

Pourquoi collectionner des machines à écrire? c’est lourd, ça prend de la place, souvent il y a un petit truc qui ne va pas... Je réponds pourquoi pas? Il y en a bien qui collectionnent les boites de camembert, les étiquettes de bouteilles de vin, etc...

Alors voilà comment je suis devenu mécascriptophile. (honnêtement, le saviez-vous comment s’appelle un collectionneur de machines à écrire?). Un jour, sur une des nombreuses foires à tout normandes, que je fréquente assidûment, je l’ai vue, là, toute seule qui faisait le trottoir, ou plutôt posée là, à même le trottoir, très belle dans sa livrée noire. Je l’ai adoptée, sans hésiter (moyennant espèces sonnantes et trébuchantes, non sans avoir marchandé comme il se doit). Depuis, chaque fois que l’occasion se présente, je lui offre une compagne pour ne pas qu’elle s’ennuie, mais à condition que celle-ci présente une particularité, un détail de fonctionnement qui surprend, qui amuse ou qui émerveille.

Bien sûr, je n’ai pas la prétention de rivaliser avec les collections telle que celle mise en images dans les calendriers TRIUMPH ADLER ci-dessus. Mais je suis déjà bien content comme cela.

Pour moi ces machines sont un (bon) exemple de l’esprit d’ingéniosité de l’homme, de son incessant souci de l’amélioration, sans faire abstraction de l’esthétisme, et ce à une époque où les moyens techniques de conception et de fabrication étaient dérisoires par rapport à ceux d’aujourd’hui. La machine à écrire a participé à la vie des sociétés, même si des dactylos lui gardent rancune. Elle a fait partie des moyens de communication, de transmissions du savoir, de la culture, bref, de notre patrimoine. Enfin et surtout, elles sont de belles mécaniques de précision!

 

ROYAL

 

Si cette belle machine arrive en tête de cette présentation, n’y voyez aucune allusion (1): c’est parce qu’elle a été la première de ce qui allait devenir ma petite collection. Cette machine était considérée en son temps comme la «Rolls» de la machine à écrire. Le souci de l’esthétique a été poussé jusqu’à placer sur chaque côté deux plaques de verre biseauté permettant de voir le mécanisme interne.

Leur utilité était néanmoins de préserver l’intérieur de la machine de la poussière, ennemie de la mécanique, et donc de conférer à cette machine une fiabilité accrue.

ROYAL constitua l’un des grands noms de la machine à écrire.

(1): j’avais écrit la version 1 de cette page en pleine campagne électorale présidentielle en France

UNDERWOOD

 

Parmi tous les grands noms de la machine à écrire, UNDERWOOD fut l’un d’eux. Cette belle machine m’a été donnée par l’un de mes amis, Lahoucine Jouad de mon village natal, Andelot en Montagne (Jura).

Les deux schémas sur fond vert décrivent très succinctement ce qui se passe lors de la frappe sur la touche A par exemple. Sur ces types de machines, il existe deux procédés permettant la frappe du caractère en majuscule.

Les deux schémas sur fond vert montrent la levée du cylindre porte papier permettant la frappe du caractère en minuscule. Les deux schémas sur fond ocre montrent la levée du cylindre porte papier qui permet le passage de la minuscule à la majuscule.

 

frappe d'un caractère

 

frappe d'un caractère minuscule

 

frappe d'un caractère majuscule

JAPY STANDARD 3

 

Au dessus du clavier et sur la droite, on voit le levier de commande de positionnement du ruban encreur. Selon sa position, on obtient une écriture de couleur noire ou rouge.

Cette belle machine, très aérée, permet de voir l’un des deux rubans encreurs, l’autre se trouvant sur le côté opposé.

 

Selon les machines, l’inversion peut se faire soit automatiquement, soit manuellement par manivelles. Cette machine utilise le second procédé de frappe d’un caractère en majuscule. Ici, c’est la corbeille porte caractères qui se soulève, commandé par le levier que l’on voit sous le ruban encreur. Le cylindre porte papier reste fixe.

Les deux schémas sur fond jaune ci-dessous font apparaître la différence de frappe minuscule/majuscule.

 

Majuscules obtenues par passage de la position basse à la position haute de la corbeille porte caractères

OLIVER 9, ANNEES 1910

 

La particularité de cette machine est de disposer de deux corbeilles de leviers porte caractères disposées en vis à vis.

Ceux-ci sont en forme de U inversé. La frappe s’effectue sur le dessus du cylindre, et non vers l’avant comme sur la majorité des machines dernièrement commercialisées.

On s’aperçoit que cette machine ne dispose que de trois rangées de touches, ce n’est pas beaucoup!

 

Eh bien, chaque touche permet de frapper non plus deux, mais trois caractères. Si l’on compte bien, cela permet de frapper: 3x10x3: 90 caractères! Et par quel miracle? c’est le cylindre porte papier qui peut prendre trois positions différentes en se déplaçant horizontalement. Tout au fond, ce seront les chiffres qui seront tapés, en position médiane, les minuscules, et en position avant, les majuscules.

Provenance: braderie de Lille. Ah, si la braderie de Lille n’existait pas, il faudrait l’inventer!

REMINGTON A TABULATION DECIMALE, 1927

Cette très belle machine est équipée d’une tabulation décimale. Elle sévissait dans une entreprise où, bien que sachant tout faire, on lui faisait plus spécialement éditer des factures.

Le modèle initial est bien antérieur à celui présenté ici, fabriqué en 1927. Il m’a été donné par M. Georges Harter, de Bouxwiller, en Alsace.

 

Les nombres tapés sur la feuille donnent un aperçu de ce que permet la tabulation décimale. Les deux colonnes (il pourrait y en avoir plus) comportent des nombres dont les unités se trouvent automatiquement alignés verticalement.

Cette machine fonctionne parfaitement, seul le remplacement des rubans encreurs est à envisager.

 

Si la dactylo désire taper par exemple un nombre à trois chiffres, elle appuie sur la touche située sous le nombre 100, le chariot se positionne, elle n’a plus qu’à taper le nombre voulu. Elle passe à la ligne suivante en actionnant son levier d’interlignes, et appuie sur la touche située sous le nombre 1 000 000. Le chariot se positionne à l’endroit précis pour que le nombre tapé exprimé en millions se situe sous le précédent, avec les chiffres d’unités alignés.

 

la position d’arrêt du chariot dépend de deux choses:

-     de la position des taquets sortis en premier plan. Ces taquets sont sortis à l’endroit voulu par la dactylo par action sur la touche «tabulateur» de son clavier.

-     de celui parmi les dix taquets sorti en vis à vis. Celui-ci est déterminé par l’enfoncement de la touche correspondant au type de nombre à taper.

ADLER MOD 7 1899

Voici mon ancêtre! D’après le juge de paix, le calendrier Triumph-Adler ci dessus, elle n’est pas de ce siècle, pas de celui d’avant, mais encore de celui d’avant!

 

Dit comme ça, ça fait plus vieux! La frappe des caractères sur le cylindre s’effectue par le glissement horizontal de la tige porte caractères vers l’avant. Sa descendante à droite nous dévoile son secret de fonctionnement. Cette belle machine ne possède aussi que trois rangées de touches, ce qui implique que chaque touche permet de taper trois caractères. Je ne sais pas si elle va être flattée que je la compare en ce point à mon ordinateur portable: sur la rangée du haut, les touches offrent la possibilité de taper trois caractères différents. Par exemple: le "à", le "0" en se servant de la majuscule, et le fameux "@" avec Alt Gr. Le cylindre peut prendre verticalement trois positions qui correspondent lors de la frappe à trois caractères différents.

UNDERWOOD NOISELESS PORTABLE

 

Cette machine a un fonctionnement semblable à celui de son aïeule de gauche. Le déplacement des tiges porte caractères donne un fonctionnement réputé silencieux. On constate que, comme son homologue de bureau, cette machine portable de voyage présente un encombrement moindre que certains autres types de machines (principalement en hauteur).

UNDERWOOD DE BUREAU

 

Cette machine de bureau possède un fonctionnement similaire à celui des deux précédentes ci-dessus.

REMINGTON AGRANDIE

 

Alors là, celle-là, c’est pas une machine de faignant, m’avait dit mon copain Patrick. D’ailleurs, je me demande si c’est bien le mot qu’il avait employé... Le cylindre porte papier peut accueillir une feuille de 50cm de largeur. Le corps de la machine est celui d’une machine traditionnelle, seul le chariot a été agrandi. Venant de la braderie de Lille, avec ses plus de 40kg, je me souviendrai de son transport dans le VAL à l’heure de pointe!

REMINGTON PORTABLE

 

Cette machine est l’illustration de ce qu’ont pu réaliser les fabricants pour lutter contre l’encombrement! Ici, en position "transport", toutes les tiges porte caractères sont rentrées dans la machine, diminuant de façon significative son épaisseur.

 

Pour passer à la position "travail", un levier libère toute les tiges porte caractères dans très joli mouvement rappelant une fleur se refermant le soir avec la fraîcheur.

UNIC 1913

 

Elle intrigue et en fait dire des paroles cette surprenante machine! Voyons d’abord comment elle fonctionne. De la main gauche, un stylet est déplacé au dessus d’une plaque incurvée comportant les symboles. Par un mécanisme simple, ce déplacement provoque une translation et une rotation simultanées du barillet porte caractères. La pointe du stylet étant positionnée sur la lettre choisie, une pression sur l’une des deux touches de droite provoque l’abaissement du barillet et donc la frappe du caractère sur le papier. La seconde touche correspond à la barre d’espacement. Je vous entends déjà dire que ça ne devait pas être rapide! Il paraît que des utilisateurs parvenaient à une vitesse honorable.

 

Alors, pour compenser cet apparent inconvénient, elle devait bien avoir des avantages? Le premier, c’est de pouvoir remplacer en quelques secondes le barillet porte caractères. Pourquoi donc? Mais Bon Dieu, mais c’est bien sûr, pour changer la police! Un deuxième qui n’engage que moi: on peut changer d’alphabet en changeant le barillet et la plaque des symboles. Enfin un autre avantage: la simplicité de fabrication, donc un coût moindre, et certainement une fiabilité accrue. Il me semble que très peu d’autres machines pouvaient offrir tout cela.

J’ai vu cette machine également sous les marques AEG, MIGNON, HEADY.

ROOY

 

Championne toute catégories de l’extra plat! Cette machine portable de voyage en position transport n’est guère plus épaisse qu’une boite d’allumettes (de ménage quand même).

 

En position travail, le couvercle reste solidaire de la machine et se trouve dessous. Bien qu’elle ne soit pas noire, j’aime bien cette machine qui représente une petite prouesse d’ingéniosité!

STENOTYPE GRANDJEAN

 

Je ne m’aventurerai pas dans des explications concernant ce bel appareil, n’ayant pas le minimum de connaissances en sténo. Je crois savoir qu’il a servi, entre autre, à des huissiers et à des greffiers.

 

Je suis néanmoins très content de l’avoir dans ma petite collection de machines à écrire; c’est un don de M. et Me Deperrois, de Duclair en Seine Maritime.

EDELMANN

Pour les explications techniques et historiques de cette machine qui a marqué l’histoire de la machine à écrire, je vous renvoie de façon un peu cavalière à sa petite sœur du calendrier Triumph Adler un peu plus haut. L’acquisition de cette machine est une belle histoire: j’ai reçu un jour un courriel de quelqu’un qui ayant visité ce site, et qui me demandait quelle pouvait être la valeur de cette machine.

 

Ce monsieur, appelons le Bruno S. vivant en Alsace, souhaitait vendre cette machine pour apporter un peu de ressources financières destinées à la sauvegarde du fort de Schoenenbourg, un des éléments merveilleusement restauré et entretenu de la ligne Maginot, et dont il est un membre de l’association particulièrement actif. Je lui ai indiqué un prix correspondant sensiblement au prix maximum de mes achats de machines sur le célèbre site de commerce électronique. Il s’en est suivi une rencontre, visite commentée, et une journée formidable de convivialité qui nous ont laissé à ma fille et à moi un très très bon souvenir. Depuis nous continuons les relations téléphoniques et électroniques, et les rencontres un peu entravées par les distances.

VIROTYPP

 

Le fonctionnement de cette machine ressemble étrangement à celui des pinces "DYMO" mécaniques. La frappe s’effectue en deux temps: un disque comportant les symboles est tourné de façon à amener le caractère voulu en face de l’index. Puis une pression exercée sur le disque à l’endroit voulu provoque la frappe du caractère.

Les explications historiques de cette machine figurent dans la partie "calendriers Triumph Adler" de cette page.

A la différence de la machine des calendriers Triumph Adler ci-dessus, celle-ci possède deux passages pour la sangle permettant la fixation soit à la cuisse, soit au bras.

LAMBERT

 

Le "clavier" de cette très belle machine a l’apparence d’un cadran de téléphone (vous savez, celui qu’il fallait tourner pour composer le numéro désiré). A la différence de ce dernier, c’est simplement en appuyant sur la touche choisie que le caractère venait s’imprimer. L’appui sur une touche permet la frappe de trois caractères possibles, ceci en fonction de la position d’arrêt d’un levier déterminant le type de caractère voulu.

CORONA 1912

 

Position travail

 

Position transport

La faible taille de cette machine, combinée à un ingénieux mécanisme permettant de replier la partie cylindre sur le clavier faisait d’elle un objet très peu encombrant.

 

C’est la raison pour laquelle elle est connue comme l’outil des correspondants de guerre, en particulier pendant la grande guerre.

HAMMOND DUPLEX

 

S’il est un clavier de machine à écrire qui mérite bien de porter ce nom, c’est bien celui de cette très belle et ingénieuse machine. La ressemblance avec le clavier du piano s’impose! L’action sur la touche provoque le mouvement d’un marteau qui vient frapper le caractère choisi.

 

Et nous allons voir que cette machine nous réserve un surprise: la possibilité de passer de façon quasi instantanée d’une écriture droite à une écriture italique. Et par extension, elle permettait le choix de différentes polices, et même de changer d’alphabet!

"la machine universelle", tel était son argument de vente

Frappe d'un caractère droit

 

La pièce maîtresse de cette machine est un tambour sur lequel sont disposées deux matrices comportant les caractères en relief. L’une possède les caractères droits (A B sur les dessins) l’autre les caractères italiques (A B sur les dessins).

 

La frappe d’une touche provoque la rotation d’un certain angle du tambour, dans un sens (dessin de gauche) dans l’autre sens (dessin de droite). Le caractère à frapper dépend donc de la position d’arrêt du tambour. Le marteau (bleu) frappe alors la feuille de papier (jaune) le ruban encreur (rouge) et le caractère choisi. Le caractère est imprimé! A noter que les cylindres ne servent qu’à l’entraînement du papier.

Frappe d'un caractère italique

 

A l’aide du bouton central, la dactylo effectue une demie rotation du tambour. Avant la frappe, c’est donc la matrice A B qui se trouve opérationnelle.

 

Le mécanisme de la frappe est le même que précédemment. Pour changer de police, il suffit de remplacer les matrices par de nouvelles à la police voulue. Une dactylo expérimentée effectuait cette opération en quelques secondes.

GENIATUS

 

Cette étrange machine au nom étrange réunit des modes de fonctionnement de plusieurs machines de cette page. Elle a un peu de l’Hammond vue ci-dessus, dans la façon de présenter le caractère par un mouvement de rotation. Elle a un peu de l’Edelmann dans sa façon de choisir le caractère par la manœuvre semi-circulaire d’un levier.

 

TYPO

 

Cette machine est intéressante à plus d’un titre:

- elle possède un clavier de forme arrondie
- elle est, à l’époque, début 1900, l’une des premières et rares machines produites en France avec la «Fay-Sholes», fabriquée par la firme Japy. Elle est la version française de l’Impérial A anglaise. Et, cela va rappeler des souvenirs à certains, elle est produite par la Manufacture Française d’Armes & Cycles de Saint Etienne, plus connue sous l’appellation Manufrance!

 

- Elle présentait l'avantage d'offrir le résultat de la frappe tout de suite visible, alors que la plupart des autres machines nécessitaient au minimum de soulever le chariot pour juger. Par le choix du nom: Typo Visible, et dans toutes les publicités, le constructeur ne manquait pas de rappeler ce point fort.

 

- Enfin elle possède le «clavier français» Que ces quelques lignes soient ici l’occasion de tordre le cou à une idée reçue: il n’a jamais existé de monsieur, ou madame Azerty ayant inventé le clavier du même nom! C’est l’un des inventeurs de la machine à écrire, Sholes, qui pour des raisons «mécaniques» a disposé ainsi l’ordre des lettres sur le clavier, qui allait devenir le clavier universel QWERTY. Notre AZERTY n’est autre que la version française du QWERTY (et le QWERTZ est la version allemande, suisse… qui permet d’écrire en différentes langues) Au début des années 1900, le Français Albert Navarre voulut adapter le clavier américain aux spécificités de la langue française, arguant que les voyelles, les plus fréquemment frappées, devaient se situer au centre du clavier, là où se situent les doigts les plus puissants, lorsque l’on frappe à dix doigts... Ainsi était né le clavier français, au nom imprononçable: «ZHJAYS» Ce clavier eut une vie éphémère: il fut, entre autres raisons, victime du déclin de l’économie française lié à la guerre de 1914/1918.

pour en savoir plus:
http://www.persee.fr http://www.leblogantiquités.com http://www.collection-machineaecrire-campiche-hermes.ch 
Merci à eux, et merci à monsieur Pellacoeur, l’ancien propriétaire de cette très belle machine, pour ses précieux conseils dans la rédaction du texte.

Dernière mise à jour: Dim, 05 fevrier, 2012 16:00

 

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